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telerama destination inconnue 08-08 ok

 
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whithdevels



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MessagePosté le: 05 Aoû 2005 7:44    Sujet du message: telerama destination inconnue 08-08 ok Répondre en citant

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Bulletin n°4
Cochez la bonne réponse :
Le Livradois-Forez
L'Aubrac
La Vanoise
Les Cévennes
La forêt de la Foux
Le Pilat
Le Lubéron
Les Vosges


le texte


Citation:
Imaginons, comme disait l'autre - Georg Christoph Lichtenberg en l'occurrence -, un couteau sans lame auquel il manque le manche. C'est un peu à cela que ressemble aujourd'hui la cité médiévale qui sert ici de capitale. Il y a peu, deux ou trois décennies, elle était encore fort florissante. Aujourd'hui, dans ses ruelles qui dévalent la colline si abruptement qu'à peine un tiers de la ville, au maximum, se dévoile au regard, on ne compte plus les commerces en liquidation, les vitrines abandonnées, les pas-de-porte à céder. Mais qu'importe. Même désertée, la bourgade a de la gueule : sa Maison des sept péchés capitaux, par exemple, sculptés dans le bois moyenâgeux, donnerait volontiers l'envie d'en commettre deux ou trois, de péchés (paresse ? gourmandise ? luxure ?). Elle a du caractère : elle vote communiste, dans un pays tanguant plutôt à droite. Et elle a de la hauteur : c'est un aigle royal, dit-on, qui lui aurait donné naissance, construisant ce nid à flanc de montagne en guise de halte à mi-chemin entre les sommets et la plaine.

D'autres acteurs, plus tard, trouveront dans la région une résidence secondaire, pas forcément de gaîté de coeur. D'autres actrices aussi. Isabelle Adjani interpréta brillamment l'une d'entre elles. On est au XVIe siècle. La reine Isabelle - appelons-la Isabelle - intrigue, c'est dans sa nature. Le roi l'exile sur ces terres sauvages, où elle possède, par sa mère, un château, et des forêts jusqu'à l'horizon. Isabelle coupe. Isabelle vend du bois, histoire de mettre un peu de beurre dans les épinards, ou plutôt dans le chou. Ça rapporte. Elle constitue autour d'elle une cour qui vaut presque celle de France. On ne se refait pas, et il faut bien que vieillesse se passe : dix-neuf ans, si loin du Louvre, ça fait un bail.

C'est de son plein gré que Guy Debord, lui, s'installe ici, quatre cents ans après la reine Isabelle, lassé des capitales européennes où il s'essayait depuis trop longtemps à la géographie de la révolte. Ce qui nous vaut quelques-unes des plus belles pages de son Panégyrique (éditions Gérard Lebovici, 1989). « J'ai même séjourné, écrit le styliste incomparable, dans une inaccessible maison entourée par des bois, loin des villages, dans une région extrêmement stérile de montagne usée [...]. La maison paraissait s'ouvrir directement sur la Voie lactée. La nuit, les proches étoiles, qui un moment étaient intensément brillantes, le moment d'après pouvaient être éteintes par le passage d'une brume légère. Ainsi nos conversations et nos fêtes, et nos rencontres, et nos passions tenaces. »

Borné au nord par la ville ouvrière, au centre par une bourgade dont on ne fera pas un fromage, au sud par une abbaye où se tient chaque année un festival de musique sacrée, ce pays est essentiellement un pays de nature. Ses thuriféraires le nient, insistant sur les 180 communes de la collectivité, ses 110 000 habitants, ses traditions artisanales, ses professionnels de la profession. Pas d'exode rural par ici, disent-ils. Un parc, peut-être, mais pas si naturel que ça. Chez nous ça vit, ça usine, ça travaille. On a du mal à le croire quand, circulant un jour de mai, dans un brouillard à couper au couteau, sur une départementale qui n'en finit pas tant elle serpente, comme par amusement, on ne croisera, pour tout être vivant, qu'une jeune biche, à peine effarouchée. Difficile de n'y voir que la force du hasard. « Des sapins, des sapins, des sapins, jamais une âme », relevait déjà Henri Pourrat dans Gaspard des montagnes, en 1922.

Bon, d'accord, ça bossait dur, par ici, mais c'était autrefois. Une ou deux rivières, des torrents par centaines et autant de cascades alimentaient les machines. Ingénieuses, les machines : une roue, un arbre à cames, des engrenages ou des courroies de transmission, des maillets ou des meules, et le tour était joué. Ça moulinait à tous les étages, pour presser de l'huile ou de la farine, façonner des armes blanches ou du papier. La première édition de l'Encyclopédie, de MM. Diderot et d'Alembert, a été imprimée sur un vélin de la meilleure facture, fabriqué ici, et nulle part ailleurs. De l'eau pour l'énergie, des chiffons pour matière première, du bon bois de nos belles forêts pour les mécanismes : un millénaire après la Chine, la région inventait le papier. Ça continue, dans un moulin splendide, mais destiné surtout à la galerie. La galerie - 60 000 visiteurs par an - est ravie : peu d'artisanats traditionnels sont aussi fascinants dans leur efficace simplicité.

Le savoir-faire ne s'use que si l'on ne s'en sert pas. Ici, il perdure, s'adaptant à la modernité. Là où l'on fabriquait des tresses et des lacets, on produit maintenant des gaines de câble électrique, des Sandows, des cordages pour alpinistes ou parachutistes. Là où l'on a appris le thermoformage d'ustensiles de cuisine, comme des manches, on sort des nez de TGV. Mais c'est surtout la nature, on n'en démordra pas, qui de nos jours attire le chaland. Elle aussi se modernise, dans un grand retour vers le futur. La loutre et la lamproie, presque disparues, font à nouveau leur cinéma dans les rivières. Le busard Saint-Martin survole les hautes chaumes, la gélinotte les hêtraies-sapinières, la chouette chevêche les bocages.

« Finissez donc d'entrer », dit-on dans ce pays pour accueillir le visiteur. Le tourisme, dans ce territoire « de l'herbe et de l'arbre », est forcément vert, très vert. 320 000 hectares et 2 000 kilomètres de sentiers balisés attendent les chaussures citadines. De multiples demeures, dont bon nombre de châteaux, fournissent le gîte. Le couvert n'est pas en reste. Recette du rapoutet : « Faire dessaler un talon de jambon de pays dans de l'eau fraîche pendant vingt-quatre heures. Faire cuire trois heures avec des choux, des pommes de terre et des haricots blancs de Soissons. Servir chaud. »

Dans la plaine, c'est la Toscane. Sur les hauteurs, quand on monte en estive, il arrive, par beau temps, qu'on voie le mont Blanc. Et c'est ainsi, n'est-ce pas, qu'Allah est grand.


lien du texte


ok whith
_________________
1 ptit clic SVP

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Mignardises



Inscrit le: 05 Juin 2005
Messages: 453

MessagePosté le: 05 Aoû 2005 9:13    Sujet du message: Répondre en citant

Le Livradois-Forez
Citation:
« Finissez donc d'entrer », dit-on dans ce pays pour accueillir le visiteur.

http://www.parc-livradois-forez.org/documents/revue_presse/presentation_parc.pdf#search='Finissez%20donc%20d'entrer' (pdf)
Citation:
Finissez d’entrer
en Livradois-Forez !

« Finissez donc d’entrer », comme l’on dit vers Thiers ou
Ambert. Mieux que simple phrase courtoise pour accueillir le
visiteur, voilà l’invitation conviviale à pénétrer dans l’intimité d’un
territoire sans clôture qui s’étend à l’Est du Massif central, dévoilant
ses charmes à nuls autres pareils…


Citation:
est forcément vert, très vert. 320 000 hectares...insistant sur les 180 communes de la collectivité, ses 110 000 habitants,

Citation:
Situé aux portes de Saint-Étienne, non loin de Vichy, Clermont-
Ferrand et Le Puy-en-Velay, composé de 180 communes des
départements du Puy-de-Dôme et de la Haute-Loire, le Livradois-
Forez est l’un des plus grands Parcs naturels régionaux de France. Il
s’étend en effet sur plus de 320 000 hectares et rassemble près de
110000 habitants.
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